15/04/2010

Depuis longtemps, j’étais à la recherche de quelque chose qui me manquait et dont je n’ai eu conscience qu’après de longues années. Je cherchais une liberté permettant à l’être de se réincarner dans toute entité et de se fondre par là même en la nature mère, à l’exemple du nourrisson qui aime à retourner à la matrice.

Peut-être vivons-nous la séparation d’avec la matrice-mère (la nature) de façon douloureuse et essayons-nous donc avec insistance de comprendre la raison et la sagesse de cette séparation. De la même manière, le nourrisson vit sa séparation avec sa mère selon le principe du « traumatisme de la naissance », une anxiété qu’il ressent mais dont il n’a pas conscience.

Pour cela, nous devrions nous débarrasser de toutes les constantes et influences avec lesquelles nous avons été élevés dans notre pays natal. Car la perception est changeante et évolutive, comme d’ailleurs toutes les valeurs et croyances que la société inculque. Ainsi, pour atteindre une flexibilité perceptive changeante, nous sommes parfois contraints de choisir un pays qui a devancé le nôtre dans la recherche d’un équilibre entre la liberté individuelle et l’intérêt général du groupe et qui a parcouru et parcourt encore un chemin de la liberté en concentrant toutes ses études sérieuses et recherches dans l’histoire de l’être humain afin d’établir des équations intellectuelles larges.

Et de là… la recherche commence par le fil de la vie qui nous conduirait à l’Homme libre ou à tout être vivant afin d’affleurer le système naturel. Nous devrions donc concentrer nos efforts vers la recherche de la liberté d’une façon graduelle, bien que nous ne trouvions peut-être cette liberté totale qu’après le retour de nos particules à la nature mère.

Au milieu de ces soucis, les concepts se perdent et avec elles se perdent les valeurs enveloppées de mots brillants qui nous ont bercés tout au long de notre éducation pour faire éclore de nouvelles idées et méthodes. Par la suite, seulement, nous pourrons briser certaines constantes et certains obstacles qui entravent la marche de l’humanité afin de nous interroger sur la signification et l’utilité de la vie.

Après un long combat, nous nous apercevons que nous n’existons pas dans cette vie pour nous attacher à quelques valeurs, idéologies ou autres… mais nous sommes ici pour pouvoir nous balancer au gré des transformations qui surviennent dans la vie.

D’un point de vue d’une personne qui a quitté son pays d’origine et qui est venue en Europe pour trouver la liberté au sens large, je peux dire que l’Europe n’est pas un paradis sur terre, et que les Européens ou les Occidentaux, d’une manière générale, n’aient pu réussi à atteindre des concepts et des valeurs humaines. Mais, au moins nous avons, dans ces pays, en tant qu’individus et chercheurs de liberté, la possibilité d’exprimer à haute voix tout ce qui se passe dans nos têtes.

Beaucoup d’entre nous ont connu des déceptions répétées, dans les pays occidentaux, pour de multiples raisons dont surtout l’hypocrisie. Mais, Je ne peux rejeter, malgré ma forte opposition au traitement de nombreux sujets et problèmes en occident, toutes les pensées adoptées par les occidentaux. Personnellement, je ressens une certaine satisfaction devant les expériences accumulées extraites de la culture occidentale. N’oublions pas que la société qui offre un espace d’expression et de critique libres, ne peut être qu’une société constructive qui respecte ses membres et les met à égalité devant la loi.

Il est naturel que les sociétés occidentales tracent des lignes rouges et dressent un espace dans lequel chaque personne peut se déplacer, mais il y a des cultures étrangères qui considèrent ces lignes comme autant barrières dressées entre les occidentaux et eux. Pour cela, je peux dire à ceux qui prétendent que cette liberté ne peut être atteinte que par les pro- occidentaux ou que cette culture se transforme en un outil de destruction pour abolir les autres cultures, que l’humanité ne saurait reculer et que les croyances des peuples « religieux » d’aujourd’hui étaient celles des Occidentaux aux siècles passés.

J’estime que les Occidentaux ont raison de défendre leurs idées et d’affronter tout courant cherchant à enchaîner l’esprit et à limiter la raison pour retourner à des fables qui ont détruit la vie des êtres humains. Je ne dis dis pas cela par amour de l’Occident mais par amour de la pensée et de la liberté auxquelles aspire l’humanité toute entière.

L’Occident n’étend pas son influence sur les autres peuples par magnétisme, mais par un appel à l’acquisition de certaines valeurs et qualifications. Nous sommes tous appelés sans exception à être libres et cette liberté désirée ne peut être que globale. D’après nous, le stade auquel est arrivé l’Occident n’est pas son apanage ou son monopole, et sa culture n’est pas le résultat de ses idées propres mais de l’accumulation historique et scientifique qui s’est déplacée à travers les siècles d’un pays à l’autre. Le niveau d’évolution atteint par l’Occident est le résultat accumulé des nombreuses civilisations qui ont vu le jour sur notre planète.

Nous avons appris de nos expériences que les changements historiques commencent avec l’attachement à un esprit libre et non enchainé, un esprit susceptible d’être dissocié et, par la suite, restauré. On retrouve aujourd’hui le résultat de ces expériences en France ou en Occident, mais ils n’ont pas encore fini de tracer le chemin de la liberté.

J’ai beaucoup de critiques et d’éloges à faire aux peuples occidentaux et au peuple français en particulier. Parce que parmi eux, j’ai appris à transformer l’air pollué en air pur qui décompresse la poitrine après une angoisse.

Mais avant tout, je voudrais aborder un problème grave dont souffre l’Humanité en général et l’Occident en particulier, un véritable cancer qui s’aggrave actuellement en sourdine. Tout le monde a honte de le désigner et de l’exprimer clairement et à haute voix à cause de la rigueur des lois concernant le racisme et la discrimination qu’on les trouve voilés par des déclarations chauvines (ce n’est pas un nationalisme incarné par une extrême droite à l’assemblée nationale, mais un chauvinisme plus inconscient et plus courant qui s’exprime par une auto-complaisance et une certitude que la France est le plus merveilleux pays).

Mais le chauvinisme n’est-il pas l’autre facette du racisme ? Si nous regardons de près ce phénomène, nous observons que le racisme est une forme développée et collective de l’ethnocentrisme. Et Si nous regardons l’ethnocentrisme de plus près, est la forme spécifiquement humaine de la xénophobie.

Revenons au racisme. Nous verrons que la propension de l’être humain à retourner à sa nature primaire et animale est une constante, et que toutes les sciences et philosophies accumulées n’ont jamais pu stopper cette nature qui est née avec l’assemblement des premiers groupes humains.

Oui, tous les états souffrent de cet « héritage primaire ». L’être humain est en fin de compte le même partout et où il se trouve. Ce qui différencie un Homme d’un autre est son esprit libre et ce qui différencie une société d’une autre, ce sont les lois qui assurent une protection aux individus et leurs liberté de s’exprimer.

Les concepts et valeurs du monde occidental n’a pas atteint l’apogée de son évolution, et le chauvinisme est encore le lot des gens simples qui ne possèdent rien de particulier et se réfugient en conséquence dans la fierté de leur pays, de leurs lois et de leurs penseurs.

En réalité, nous avons besoin aujourd’hui d’un réveil intellectuel et d’une position ferme des gouvernements occidentaux face à la montée du chauvinisme qui se diffuse dans leurs médias simplistes, car l’auto-complaisance est l’un des plus graves facteurs destructifs des civilisations.

Quant à la France, je la perçois sous un autre regard, car elle fait l’objet d’un ensemble de sentiments ambivalents à chaque fois que je prononce son nom. Mais son histoire militante, qui a réussi, en premier, à briser le despotisme monarchique pour, ensuite, rejeter toute entrave à la liberté des Français, me conforte dans mon choix de la France et confirme ce que je croyais et crois encore aujourd’hui : c’est-à-dire que l’homme est l’artisan du destin … à suivre

Reference : Paris sous un autre regard. 1ère partie